Politique

la Concertation Nationale presse le secteur privé de prendre position face à l’urgence nationale

Dans une Haïti où l’incertitude est devenue le quotidien, la Concertation Nationale (CN) choisit de parler clair. Dans une lettre adressée au Forum Économique du Secteur Privé (FESP), elle invite les acteurs économiques à sortir du silence et à prendre toute leur place dans un moment que beaucoup décrivent désormais comme décisif pour l’avenir Pays. Car derrière la crise sécuritaire et économique, c’est bien la question d’une transition politique crédible qui se pose.

La CN ne conteste pas le rôle central du secteur privé dans la vie nationale. Au contraire, elle le rappelle avec insistance : aucune économie ne tient sans entreprises solides, sans investissements, sans création d’emplois. Mais aujourd’hui, ce moteur tourne au ralenti, pris dans l’étau de l’insécurité, des routes impraticables, des activités perturbées et d’une confiance qui s’effrite chaque jour un peu plus.

Dans ce climat, difficile de continuer comme si de rien n’était. « Li pa nòmal jan n ap viv la », insiste la Concertation Nationale, reprenant une phrase qui résonne comme un cri partagé. Entre entreprises qui ferment, jeunes qui doutent de leur avenir et institutions fragilisées, le pays donne le sentiment de tenir sans véritable direction. Et pour Deus Deronneth coordonnateur national de la CN, cette situation appelle autre chose que de simples ajustements : elle exige un nouveau cap politique.

C’est là que le secteur privé est attendu. Non pas seulement comme un acteur économique, mais comme une voix capable d’influencer le cours des choses. La Concertation Nationale l’encourage à s’impliquer dans la construction d’une transition sérieuse, qui ne soit ni improvisée ni imposée, mais discutée, structurée et tournée vers des solutions durables : sécurité, institutions crédibles, élections fiables, confiance retrouvée.

Au fond, le message est simple, presque direct : l’heure n’est plus à observer. Dans les moments charnières, chacun finit par être jugé sur ce qu’il a fait — ou choisi de ne pas faire. Et pour la Concertation Nationale, le secteur privé a aujourd’hui une occasion rare : contribuer à écrire une nouvelle page, celle d’un pays qui tente, malgré tout, de se relever.

Hyshney Saint-Julien
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