Politique

Haïti : la Concertation Nationale accuse la communauté internationale de complicité face au chaos

La situation d’Haïti continue de susciter de vives inquiétudes. Dans une note publique de conjoncture particulièrement incisive, la Concertation Nationale dresse un constat alarmant de l’état du pays et dénonce, sans détour, l’incapacité du pouvoir en place à répondre aux urgences fondamentales de la population.

Signée par Deus Deronneth, cette prise de position se veut à la fois un cri d’alarme et un appel à l’action. L’organisation affirme que  » trop de souffrances, trop d’échecs et trop d’impunité » caractérisent désormais la réalité haïtienne, marquée par une dégradation accélérée des conditions de vie et une perte de contrôle manifeste de l’État.

Selon la Concertation Nationale, le pays est aujourd’hui plongé dans un dysfonctionnement généralisé, tant sur les plans économique, politique que sécuritaire. L’organisation pointe du doigt une gouvernance passive et déconnectée, incapable de freiner la montée en puissance des groupes armés qui étendent leur emprise sur des zones stratégiques, notamment dans la région métropolitaine.

Le tableau dressé est sombre : multiplication des enlèvements, hausse des assassinats, déplacements massifs de populations, paralysie des activités économiques et isolement croissant du pays. À cela s’ajoutent la fermeture prolongée de l’aéroport international Toussaint Louverture et le blocage des grands axes routiers, aggravant davantage la crise.

Dans ce contexte, l’organisation dénonce également l’absence de volonté politique réelle d’organiser des élections crédibles et de restaurer l’ordre démocratique. Elle évoque un système qui, selon ses responsables, entretient l’impunité et prolonge indéfiniment une transition sans légitimité populaire.

Face à cette situation jugée intenable, la Concertation Nationale formule une série d’exigences claires : la réouverture immédiate de l’aéroport international, la sécurisation des routes nationales, le rétablissement de l’autorité de l’État dans les zones abandonnées aux gangs, l’abandon de tout projet référendaire contesté, ainsi que l’organisation rapide d’élections libres, inclusives et transparentes.

L’organisation va plus loin en estimant que si les autorités actuelles se montrent incapables d’assumer ces responsabilités essentielles, leur remplacement devient une nécessité nationale. Elle plaide pour la mise en place d’un exécutif de transition crédible, capable de rétablir la sécurité et de remettre le pays sur la voie institutionnelle.

En somme, le ton se durcit davantage. La Concertation Nationale avertit que si les revendications légitimes du peuple continuent d’être ignorées, elle n’exclut pas de lancer une campagne nationale de désobéissance civile, une perspective qui témoigne du niveau de tension atteint dans un pays au bord de la rupture.

À travers cette déclaration, la Concertation Nationale pose une question centrale : jusqu’à quand la communauté internationale tolérera-t-elle une telle dérive ? Une interrogation lourde de sens dans un contexte où l’urgence d’agir ne fait plus débat.

Hyshney Saint-Julien
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