Politique

Insécurité / Élections: le RHAJAC réclame le départ de Fils-Aimé et exige une enquête sur ses liens présumés avec « Viv Ansanm »

Alors que les gangs armés continuent d’étendre leur emprise sur plusieurs régions du pays et que les élections restent incertaines, le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) met directement en cause la gestion du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Dans une note de dénonciation publiée le jeudi 8 octobre 2026, l’organisation dénonce l’absence de résultats significatifs dans la lutte contre l’insécurité et remet en question la capacité du chef du gouvernement à conduire le pays vers le rétablissement de l’ordre et l’organisation des élections.

Le réseau formule également de graves accusations en évoquant une possible connivence entre le Premier ministre et des chefs de gangs de la coalition criminelle « Viv Ansanm ». Il réclame une enquête indépendante sur les relations présumées entre Alix Didier Fils-Aimé et des membres de cette organisation, faisant notamment référence à de possibles liens commerciaux antérieurs à son arrivée au pouvoir. Ces allégations, qui ne sont pas établies par la note, nécessitent des vérifications indépendantes. Le RHAJAC demande que toute la lumière soit faite sur ces soupçons.

Au cœur de la dénonciation se trouve un engrenage que le RHAJAC juge dangereux : l’insécurité empêche la tenue des élections et l’absence de scrutin retarde l’arrivée de dirigeants élus. Pendant ce temps, des milliers de citoyens restent exposés à la violence des gangs dans des zones comme Carrefour, Croix-des-Bouquets, Cité Soleil, Village-de-Dieu et Bas-Delmas. Pour l’organisation, cette réalité ne représente pas seulement un échec sécuritaire ; elle constitue aussi une menace pour les libertés publiques et le fonctionnement démocratique du pays.

Le RHAJAC exige, en conséquence, un audit indépendant des fonds consacrés à la lutte contre l’insécurité ainsi qu’un contrôle des contrats conclus depuis l’arrivée d’Alix Didier Fils-Aimé à la Primature. L’organisation veut que les autorités justifient les dépenses engagées et rendent compte des résultats obtenus. Elle refuse que des millions de dollars soient dépensés sans que la population puisse mesurer concrètement les progrès réalisés face aux groupes armés. La gestion de la sécurité, soutient-elle, ne peut échapper à l’exigence de transparence et de responsabilité.

Le réseau réclame enfin un changement à la tête du gouvernement et appelle le Conseil des ministres à examiner les possibilités de remplacement du Premier ministre dans le respect du cadre constitutionnel et légal. Il demande la désignation d’un responsable investi d’un mandat précis, limité et centré sur l’organisation des élections. Pour le RHAJAC, Haïti ne peut rester prisonnière d’une crise dans laquelle l’insécurité bloque le processus électoral et prolonge l’incertitude politique. Le maintien au pouvoir ne saurait tenir lieu de bilan, et l’échec sécuritaire ne doit pas devenir un argument pour repousser indéfiniment le retour à l’ordre democratique.

Hyshney Saint-Julien
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