SNGRS : « Konbit zéro déchet », un pari citoyen face à l’insalubrité au Cap-Haïtien et à Ouanaminthe

Dans des rues encore trop souvent envahies par les déchets, où l’insalubrité pèse lourdement sur le quotidien des habitants, une nouvelle dynamique tente d’émerger dans le Grand Nord. Le Service National de Gestion des Résidus Solides (SNGRS), en collaboration avec le Ministère de l’Environnement, annonce le lancement du programme « Haïti konbit zéro déchet » les 25 et 26 avril 2026, respectivement au Cap-Haïtien et à Ouanaminthe.
Au-delà d’un simple projet institutionnel, les autorités entendent insuffler un véritable mouvement citoyen. L’ambition : réactiver l’esprit de la « konbit » dans une version moderne, où chaque citoyen devient acteur de l’assainissement de son environnement.
Depuis le 9 avril, le directeur général du SNGRS, Daril Baltazar, accompagné du directeur de cabinet du ministre de l’Environnement, Yves Benoit Remarais, sillonne les départements du Nord et du Nord-Est avec un objectif clair : écouter, convaincre et surtout impliquer. À chaque étape, les échanges réunissent autorités municipales, organisations locales et acteurs publics.
Une démarche qui rompt avec les approches descendantes, souvent critiquées pour leur manque d’ancrage dans les réalités locales. Cette fois, le pari repose sur l’adhésion des communautés.
Au Cap-Haïtien, l’initiative trouve un écho favorable. La mairesse Angie Bell y voit un prolongement naturel du programme « Samedi citoyen », déjà engagé dans des actions de nettoyage. Mais au-delà du soutien, des propositions concrètes émergent : encourager la population à rapporter des déchets en Styrofoam en échange de récompenses, transformant ainsi le geste civique en réflexe quotidien.
Autre levier évoqué : la culture. Des artistes capois, y compris issus de la diaspora, pourraient être mobilisés pour sensibiliser la population, en faisant de la musique un vecteur d’engagement. Car ici, changer les comportements passe aussi par l’émotion et l’identification.
À Ouanaminthe, ville frontalière en pleine effervescence, les défis apparaissent tout aussi pressants. L’intensité des échanges commerciaux exerce une pression constante sur les infrastructures et complique la gestion des déchets. Autorités locales, organisations de la société civile et techniciens des travaux publics s’accordent sur une même urgence : agir vite, mais surtout agir ensemble.
Cette initiative dans le Grand Nord s’inscrit dans une série d’actions déjà entreprises par le SNGRS et le Ministère de l’Environnement pour promouvoir le programme « Haïti konbit zéro déchet ». Mais sur le terrain, les attentes restent élevées. Les populations espèrent des résultats concrets, visibles et durables, loin des annonces sans lendemain.
Les 25 et 26 avril ne marqueront donc pas seulement un lancement officiel, mais un véritable test : celui de la capacité des autorités à transformer une initiative en mouvement collectif durable.
Hyshney Saint-Julien
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