Environnement

À la table sectorielle du MDE, Daril Baltazar met en avant « Haïti Konbit Zéro Déchet » et appelle à une mobilisation nationale

Face à une crise environnementale qui s’aggrave de jour en jour, le ministère de l’Environnement (MDE) a réuni, les 16 et 17 avril à Pétion-Ville, plusieurs acteurs clés autour d’une table sectorielle consacrée notamment à la gestion des déchets. Deux journées d’échanges intenses, marquées par une volonté affichée : passer du constat à l’action.

Au cœur des discussions, une réalité difficile à ignorer : l’insalubrité persistante qui affecte de nombreuses zones urbaines, en particulier dans la région métropolitaine. Représentants d’institutions publiques, partenaires techniques et financiers ont tenté d’identifier des solutions concrètes, tout en dressant un diagnostic sans complaisance de la situation actuelle.

Invité à prendre la parole lors de la dernière journée, Daril Baltazar a mis en avant le programme « Haïti Konbit Zéro Déchet », lancé récemment dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Une initiative qui se veut à la fois structurante et mobilisatrice, dans un contexte où la gestion des déchets reste un défi majeur.

Mais au-delà des annonces, le ton s’est voulu ferme. Le directeur général du Service national de gestion des résidus solides a dénoncé certaines pratiques de collecteurs privés, accusés de contribuer à la dégradation de l’environnement en déposant les déchets en dehors des circuits autorisés. Il a rappelé avec insistance l’obligation d’utiliser le site de décharge de Truitier, tout en avertissant que des sanctions seront prises contre les contrevenants.

Dans un pays où les montagnes d’ordures font désormais partie du quotidien, Daril Baltazar a également lancé un appel à la conscience citoyenne. Selon lui, la lutte contre l’insalubrité ne peut reposer uniquement sur les institutions : elle nécessite l’engagement de tous. Il a néanmoins souligné que des efforts sont en cours, évoquant plusieurs tonnes de déchets déjà collectées, notamment dans le département de l’Ouest.

De son côté, le titulaire du Ministère de l’Environnement a insisté sur la nécessité de structurer l’action publique à travers des priorités claires. Parmi les pistes évoquées : la réhabilitation du site de Truitier, le renforcement du SNGRS, la distribution de poubelles dans les camps de déplacés, mais aussi une intensification des campagnes d’éducation environnementale.

Cependant, les ambitions affichées se heurtent à une contrainte majeure : le manque de ressources. Le ministre n’a pas caché les limites budgétaires qui freinent la mise en œuvre simultanée des actions à l’échelle nationale. Une réalité qui impose des choix. Dans l’immédiat, la priorité sera accordée à la région métropolitaine de Port-au-Prince, responsable à elle seule de près de 40 % des déchets produits dans le pays. D’autres villes stratégiques comme Cap-Haïtien et Ouanaminthe sont également ciblées.

Au terme de ces deux journées, une évidence s’impose : la bataille contre l’insalubrité en Haïti ne pourra être gagnée sans une coordination réelle entre l’État, les partenaires et la population. Car au-delà des politiques publiques, c’est aussi une question de comportement, de responsabilité et, surtout, d’urgence.

Hyshney Saint-Julien
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