ONA : le secteur ouvrier se mobilise contre la réforme des retraites et la gestion de Lovely François

Le torchon brûle entre le secteur ouvrier et l’Office national d’assurance-vieillesse (ONA). Réunis ce jeudi 1er octobre accompagné du cabinet de Me Evel Fanfan, des travailleurs, assurés, retraités et policiers à la retraite ont vivement contesté la gestion de l’institution dirigée par Lovely François. Au centre de leur colère : des prestations qui tardent à être versées, des droits qu’ils estiment menacés et des interrogations persistantes sur la gestion des ressources de l’ONA.
Les représentants du secteur ouvrier dénoncent particulièrement la situation de retraités qui attendent toujours leurs prestations après des années de cotisation. Des policiers à la retraite figureraient parmi les personnes concernées, certains attendant, selon des témoignages du coordonnateur du SPNH 17 lors de la conférence presse, depuis plus de cinq ans. Pour les contestataires, cette situation est devenue intenable. Ils parlent d’une « retraite de la mort » et réclament de l’ONA des réponses concrètes sur le sort réservé aux assurés qui ont contribué au financement du système durant leur vie.
La bataille porte également sur l’avenir du régime de retraite. Les organisations ouvrières contestent les changements qu’elles attribuent aux autorités, notamment le passage éventuel de l’âge de la retraite de 55 à 63 ans, de 240 à 360 mois de cotisation et d’un taux de pension de 60 % à 30 %. Me Evel Fanfan soutient que la loi du 28 août 1967 ne saurait être modifiée par un simple arrêté. Son cabinet exige ainsi que toute réforme touchant aux droits des travailleurs respecte le cadre légal et fasse l’objet d’un véritable débat avec les secteurs concernés.
La gestion interne de l’ONA est également dans le viseur. Me Evel Fanfan a avancé plusieurs chiffres concernant la rémunération et les avantages qui seraient accordés à Guichard Doré, présenté comme chef de cabinet de la directrice Lovelie François. Il a aussi évoqué une dépense de 24 millions de gourdes qui aurait été consacrée à l’acquisition de véhicules blindés destinés à la directrice de l’ONA et à son chef de cabinet.
Face à cette montée de tension, le secteur ouvrier entend maintenir la pression. Le cabinet de Me Evel Fanfan et les organisations mobilisées réclament le respect des droits des assurés et des retraités et refusent que les éventuelles difficultés financières de l’ONA soient répercutées sur les travailleurs. Le message lancé ce jeudi est sans ambiguïté : les cotisants veulent des comptes, les retraités veulent leurs prestations et le secteur ouvrier entend peser dans toute réforme susceptible de modifier le régime de retraite.
Hyshney Saint-Julien
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