CAS : Jhonny Raphaël VS Bigues Floristal, qui est le tyran ?

À la Caisse d’Assistance Sociale (CAS), le malaise ne semble plus pouvoir être dissimulé. Depuis l’arrivée de Bigues Floristal au poste d’adjoint, le 2 juillet 2026, une tension persistante oppose désormais deux camps autour de la direction de l’institution. D’un côté, le directeur Jhonny Raphaël, installé depuis septembre 2025 ; de l’autre, son adjoint. Sur les réseaux sociaux, leurs partisans se livrent une bataille qui donne à voir une administration transformée en terrain d’affrontement. Ce qui devait rester une question de gestion interne s’étale désormais publiquement et porte atteinte à la crédibilité de toute une institution.
Le plus grave n’est pourtant pas la rivalité entre deux responsables. Le plus grave, c’est ce que cette rivalité fait perdre de vue : la mission de la CAS. Une institution sociale n’a pas été créée pour servir de théâtre aux luttes d’influence, aux règlements de comptes ou aux démonstrations d’autorité. Elle est censée porter assistance aux personnes les plus vulnérables. Or, pendant que les camps s’observent, s’accusent et se répondent par personnes interposées, les urgences sociales, elles, ne prennent pas de pause. La population ne demande pas à savoir qui contrôle le bureau du directeur ou qui dispose du dernier mot. Elle attend de l’aide.
La sortie publique d’un syndicat de l’institution, le 19 août dernier, dénonçant Bigues Floristal, ajoute une nouvelle dimension à cette crise. À tort ou à raison, les accusations doivent être examinées sur la base de faits vérifiables. Le silence, lui, ne peut plus être une réponse. S’il existe des décisions contraires aux règles administratives, des actes d’insubordination ou d’éventuels abus de pouvoir, ils doivent être établis et, le cas échéant, sanctionnés. Mais si les accusations relèvent d’une guerre de clans, il appartient également aux autorités de mettre fin à cette mascarade. Dans les deux cas, une clarification officielle s’impose.
Il est donc temps de poser les vraies questions : que fait le ministre des Affaires sociales et du Travail, Marc Élie Nelson ? Que fait le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé ? Jusqu’où les autorités vont-elles laisser cette confrontation empoisonner le fonctionnement de la CAS ? L’État ne peut nommer des responsables et ensuite les abandonner à leurs querelles. Il doit garantir la discipline administrative, l’autorité institutionnelle et surtout la continuité du service public. La CAS n’est pas une propriété privée. Aucun directeur, aucun adjoint, aucun syndicat et aucun groupe de sympathisants ne devrait pouvoir la transformer en bastion personnel.
Pendant ce temps, le peuple continue de souffrir. Dans un pays où des familles peinent à se nourrir, où des milliers de personnes déplacées vivent dans des conditions précaires et où les plus vulnérables attendent désespérément l’intervention de l’État, voir une institution sociale absorbée par une guerre interne est tout simplement indécent. La CAS doit sortir de cette logique de confrontation et retrouver sa raison d’être. Le véritable scandale serait que, pendant que les dirigeants se disputent le pouvoir, ceux qui ont besoin d’assistance soient abandonnés. Une institution sociale qui oublie les pauvres pour gérer ses querelles internes a déjà perdu l’essentiel de sa raison d’exister.
Hyshney Saint-Julien
[email protected]




