Politique

Déus Deronneth dénonce l’hypocrisie de la classe politique traditionnelle

L’ancien député de Marigot, Deus Deronneth, a lancé une violente charge contre plusieurs plateformes politiques qui occupent actuellement le devant de la scène. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, il dénonce l’effondrement des institutions, les massacres, la pauvreté, les attaques contre la presse et les violences imposées à la population. « Yo kraze enstitisyon nou yo, yo masakre popilasyon an, yo kraze laprès… epi yo kriye VIKTWA », écrit-il, dans une sortie qui traduit une profonde colère.

Sans mâcher ses mots, Deroneth s’attaque au discours de REKONSILYE, plateforme regroupant notamment d’anciens hauts responsables de l’État, parmi lesquels l’ex-député Garry Bodeau, sanctionné par le Canada. L’ancien parlementaire rejette l’idée d’une réconciliation alors que, selon lui, le pays reste confronté aux kidnappings, aux assassinats, aux viols et au recrutement d’enfants par les gangs. « Yo koule san tout kote aprè yo jis mande nou REKONSILYE », dénonce-t-il.

Le slogan DEBLOKE est également pris pour cible. Cette plateforme, proche de l’ancien président Joseph Michel Martelly, est accusée par Deronneth de réclamer le déblocage du pays alors que la population serait elle-même prisonnière d’une situation de blocage. « Yo bloke wout nasyonal yo, yo bloke tout vil la, yo bloke lavi nou, yo bloke Ayewopò nou… epi yo menm ankò y ap kriye DEBLOKE », écrit-il. Une formule qui résume, selon lui, les contradictions de la situation actuelle, qu’il associe aux conséquences de la mauvaise gestion du PHTK.

La plateforme VIKTWA, proche du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, n’est pas épargnée. Deronneth accuse certains acteurs de la classe politique de profiter de la situation, allant jusqu’à leur reprocher d’avoir « detounen tout lajan leta yo » avant de crier victoire.

Pour l’ancien député, le pays a atteint un niveau de souffrance qui dépasse les limites du supportable. Dans son message, Deus Deronneth laisse également entendre que les responsables des crises d’hier ne sauraient aujourd’hui se présenter en sauveurs auprès de leurs propres victimes. Une manière de dénoncer ce qu’il considère comme un renversement des rôles, où ceux qu’il accuse d’avoir contribué aux souffrances de la population chercheraient désormais à se présenter comme les acteurs capables de sortir le pays de la crise. Face à ce qu’il décrit comme une population abandonnée, violentée et appauvrie, il en appelle directement à Dieu et aux forces spirituelles : « Nap mande LETÈNÈL… sekou! Nap mande tout SEN ak tout ZANJ yo sekou. » Puis il conclut dans un cri de désespoir : « Se twòp atò, nou pa kapab ankò. » Un message qui sonne comme un réquisitoire contre une classe politique accusée de multiplier les slogans pendant que le peuple continue de payer le prix de la crise.

Hyshney Saint-Julien
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