ÉconomiePolitique

Sans intervention de l’État, la crise va s’aggraver : le Dr Deus Deronneth tire la sonnette d’alarme

Alors que le pays traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire récente, le message publié ce dimanche de Pâques par l’ancien député de Marigot, Deus Deronneth, résonne comme un réquisitoire sévère contre les autorités en place.

Dans un texte à la fois sobre et tranchant, l’ex-parlementaire dénonce les conséquences immédiates de l’augmentation brutale du prix du carburant et pointe du doigt ce qu’il considère comme une défaillance grave de l’État. Pour lui, le gouvernement ne peut plus se contenter d’observer : il a « l’obligation » d’ajuster les salaires dans l’administration publique et de revaloriser un salaire minimum déjà jugé dérisoire.

Mais au-delà des chiffres, c’est une réalité humaine alarmante qu’il met en lumière. Selon les données du Programme alimentaire mondial (PAM), plus de 6,5 millions d’Haïtiens souffraient déjà de la faim avant même cette nouvelle hausse. Une statistique qui, dans le contexte actuel d’insécurité généralisée et de gouvernance contestée, prend une dimension encore plus inquiétante.

Le message de l’économiste Deronneth, publié un jour symbolique pour les chrétiens, n’a rien d’anodin. En pleine célébration de Pâques, fête de l’espérance et du renouveau, il rappelle avec une certaine dureté que, pour une grande partie de la population, il n’y a ni résurrection économique ni perspective d’amélioration à court terme.

Ce contraste est brutal : d’un côté, des discours officiels souvent déconnectés des réalités du terrain ; de l’autre, une population qui peine à se nourrir, à se déplacer et à survivre dignement. L’augmentation du carburant, loin d’être une simple mesure économique, agit comme un catalyseur de misère, entraînant une hausse en cascade des prix des produits de première nécessité.

L’ancien député met ainsi le doigt sur ce que beaucoup dénoncent à voix basse : l’absence de mesures d’accompagnement. Aucun filet social significatif, aucune politique de compensation visible, aucune réponse structurelle à la hauteur de la crise. Pour les plus vulnérables, cette décision s’apparente à une condamnation silencieuse.

Dans ce contexte, l’appel à « se souvenir des plus vulnérables » prend des allures d’accusation implicite. Car si la mémoire collective doit jouer un rôle, c’est d’abord à l’État qu’incombe la responsabilité d’agir, de protéger et d’anticiper.

En choisissant le jour de Pâques pour s’exprimer, Deus Deronneth ne livre pas seulement une analyse économique : il lance un avertissement politique et moral. Et derrière ses mots, une question persiste, lourde de sens : combien de temps encore le gouvernement pourra-t-il ignorer la détresse d’un peuple déjà à bout ?

Hyshney Saint-Julien
[email protected]

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *