Société

Journée nationale du mouvement des femmes haïtiennes : des milliers de voix contre le sexisme et l’impunité médiatique

En prélude à la Journée nationale du mouvement des femmes haïtiennes, célébrée le 3 avril, elles étaient plusieurs milliers à investir les rues de la capitale pour faire entendre une revendication simple, mais trop souvent ignorée : le respect. À l’appel de l’organisation FANM ANGAJE, cette marche pacifique s’est transformée en une démonstration de force, traduisant l’ampleur du ras-le-bol face aux violences, aux discriminations et aux discours sexistes persistants.


Dans cette mobilisation d’envergure, la conseillère électorale Yves Marie Édouard, représentante du secteur des femmes au Conseil électoral provisoire (CEP), a insisté sur un enjeu crucial : la place des femmes dans le processus électoral. Elle a exhorté les Haïtiennes à s’impliquer massivement dans la machine électorale et à participer aux prochains scrutins, rappelant que leur exclusion affaiblit la démocratie.


Mais le moment le plus marquant reste sans doute l’intervention de l’ancienne ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, Marjory Michel. Dans un discours sans détour, elle a dénoncé la banalisation inquiétante des propos sexistes dans certains médias, fustigeant une dérive qui contribue à normaliser le mépris et la violence symbolique envers les femmes.
Dans un geste hautement symbolique, elle a remis un tableau à l’effigie de Rudy Thomas Sanon, visant directement les propos qu’il tient dans son émission Kisa nou vle. Des propos qualifiés d’« acerbes, dégradants et sexistes », qui, selon elle, franchissent les limites de la liberté d’expression pour tomber dans une forme de violence verbale inacceptable.
Car il ne s’agit plus d’un simple débat d’idées. Les mots ont un poids, surtout lorsqu’ils sont diffusés sur des plateformes à large audience. En s’attaquant de manière répétée et dénigrante aux femmes, Rudy Sanon alimente un climat délétère qui légitime les discriminations et freine les avancées en matière d’égalité.

Face à cela, la réponse des femmes haïtiennes est désormais claire : le silence est rompu. Cette mobilisation massive envoie un signal fort à tous ceux qui, dans les médias ou ailleurs, continuent de banaliser le sexisme. L’heure n’est plus à la tolérance, mais à la responsabilité.


Plus que jamais, cette journée aura été celle d’un sursaut collectif. Un rappel que la dignité des femmes haïtiennes ne saurait être piétinée sans conséquences.

Hyshney Saint-Julien
[email protected]

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *