Opinion

Jimmy Albert face à la crise électorale : « Le 13 décembre est-il réellement tenable ? »

À l’issue d’une rencontre avec des représentants de la société civile autour de la crise politique et du processus électoral, Jimmy Albert, ancien ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique et directeur exécutif du Rassemblement pour une Entente Nationale (REN), s’est exprimé sur les perspectives des prochaines élections en Haïti.

Pour Jimmy Albert, la question n’est pas de savoir si Haïti doit organiser des élections. Le pays en a besoin. Mais le nouveau calendrier électoral, qui fixe au 13 décembre 2026 le premier tour des élections présidentielles et législatives, soulève de sérieuses interrogations quant à sa faisabilité.

Le Conseil électoral provisoire (CEP) reconnaît lui-même que le respect de ce calendrier dépend notamment d’un climat sécuritaire acceptable et de la disponibilité des ressources nécessaires. Or, à quelques mois du scrutin, l’insécurité continue de limiter la circulation, de provoquer des déplacements massifs de population et de rendre certaines zones difficilement accessibles.

« Nous voulons des élections, mais nous devons avoir le courage de regarder la réalité en face. Peut-on organiser des élections crédibles dans un pays où une partie de la population ne peut même pas circuler librement ? », s’interroge Jimmy Albert.

Pour l’ancien ministre, une élection ne peut être réduite à une date inscrite dans un calendrier. Elle doit garantir la participation effective des citoyens, la sécurité des candidats, l’accès aux bureaux de vote et la crédibilité des résultats.

Le 13 décembre ne doit donc pas devenir une course contre la montre. Car le véritable succès ne sera pas d’avoir tenu une élection à une date donnée, mais d’avoir organisé une élection que le peuple haïtien pourra reconnaître comme l’expression libre de sa volonté.

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