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FNE : Ophnide Renfort révoquée, pourquoi l’ancienne direction a-t-elle fermé les yeux pendant onze mois ?

La nouvelle directrice générale du Fonds national de l’Éducation (FNE), Jefnie Toussaint, n’aura pas attendu longtemps avant de poser un premier acte fort. Dans une lettre datée du 17 août 2026, elle annonce à Ophnide Orélus Renfort son licenciement immédiat de son poste de chargée de mission, pour « cumul d’emplois ». Une décision qui intervient après onze mois de collaboration sous l’ancienne direction d’Elysée Colagène. Ce limogeage brutal pose une question aussi simple que dérangeante : comment une situation suffisamment grave pour justifier un licenciement immédiat a-t-elle pu perdurer pendant onze mois sans que l’ancienne direction ne réagisse ?

Le plus troublant est que Mme Renfort, dans son message d’adieu, ne formule aucun reproche à l’encontre de son ancien supérieur. Au contraire, elle le couvre d’éloges et le remercie pour sa confiance, ses conseils et son soutien. Elle raconte même qu’Elysée Colagène aurait maintenu sa confiance malgré les mises en garde de plusieurs personnes à son sujet. Cette confession, loin de clore le dossier, l’alourdit. Si des alertes existaient, qu’a fait exactement l’ancien directeur général ? Les a-t-il vérifiées ? Les a-t-il écartées ? Et pourquoi ? La nouvelle direction doit pouvoir répondre à ces questions, tout comme l’ancienne direction doit accepter de rendre des comptes sur sa gestion.

Car le problème n’est pas seulement le licenciement d’une employée. Il est question de gouvernance, de contrôle et de responsabilité. Pendant près d’un an, Mme Renfort affirme avoir bénéficié de la confiance et de la proximité de l’ancien directeur général. Elle présente même cette période comme déterminante dans son parcours professionnel. Pourtant, au premier changement de direction, la même collaboration prend fin immédiatement pour une raison administrative suffisamment sérieuse pour entraîner son licenciement. Cette contradiction ne peut être balayée sous le tapis. Elle exige des explications claires, précises et documentées.

Si le cumul d’emplois était avéré et incompatible avec les règles du FNE, la question de la responsabilité ne peut s’arrêter à la personne licenciée. Qui devait contrôler ? Qui devait savoir ? Qui a laissé faire ? Une institution publique ne peut fonctionner au gré des relations personnelles, de la confiance ou des affinités entre dirigeants et collaborateurs. La confiance d’un directeur ne saurait remplacer les procédures administratives, pas plus qu’elle ne peut servir de bouclier contre les mécanismes de contrôle. Si des irrégularités ont été tolérées, ceux qui les ont couvertes ou ignorées doivent également s’expliquer.

La décision de Jefnie Toussaint peut donc être saluée comme un signal de fermeté, mais elle ne doit pas devenir un simple changement de personne. Le FNE doit maintenant faire toute la lumière sur les onze mois écoulés. Pourquoi Mme Renfort a-t-elle été maintenue à son poste pendant tout ce temps ? Les responsables de l’époque étaient-ils informés de sa situation ? Des avertissements avaient-ils été formulés ? Et si oui, pourquoi aucune mesure n’avait-elle été prise ? Le public est en droit d’attendre des réponses. Car lorsqu’une nouvelle direction découvre en quelques heures ce qui aurait échappé à l’ancienne pendant onze mois, ce n’est plus seulement le comportement d’une employée qui mérite d’être examiné : c’est le système de gouvernance tout entier qui doit être interrogé.

Hyshney Saint-Julien
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