Seguin en détresse :la CROSE dénonce une complicité qui ne dit pas son nom

À Seguin, le silence qui a suivi la nuit du 13 au 14 avril est lourd. Lourd de peur, de larmes, et d’un sentiment d’abandon qui ne cesse de grandir. Une nouvelle attaque de groupes armés a frappé la localité, laissant derrière elle des familles brisées, des vies arrachées, et toute une communauté plongée dans l’angoisse.
Dans une note, la Coordination Régionale des Organisations du Sud-Est (CROSE) dit ressentir « yon gwo doulè » face à cette tragédie. Elle présente ses condoléances aux proches des victimes et exprime sa solidarité avec les habitants de Seguin, contraints de vivre au rythme de la peur. Mais derrière cette compassion, le ton est ferme : pour la CROSE, ce drame n’est pas seulement un acte de violence de plus, il est aussi le résultat d’un grave manque de responsabilité de l’État.
L’organisation dénonce une absence criante de mesures pour protéger la population. Selon elle, les autorités, pourtant informées des risques, n’ont pas pris les dispositions nécessaires pour renforcer la sécurité dans la zone. Une négligence qui, aujourd’hui, coûte cher.
l’organisation pointe également les failles au niveau de la police départementale, accusée de ne pas avoir suffisamment équipé ni soutenu le sous-commissariat de Seguin. Pendant que les bandits s’organisent et étendent leur emprise, les forces de l’ordre, elles, semblent laissées sans moyens réels pour répondre.
Face à ce constat, la structure lance un appel qui sonne comme un cri du cœur : celui d’une population qui refuse de disparaître dans l’indifférence. Elle encourage les citoyens à rester solidaires, à s’organiser, et à ne pas laisser leurs localités tomber entièrement sous le contrôle des groupes armés.
Mais surtout, la CROSE interpelle directement les autorités nationales. Elle exige des actions immédiates, concrètes, visibles. Renforcer la présence policière, rétablir l’autorité de l’État, protéger les vies : pour l’organisation, il n’y a plus de temps à perdre.
À Seguin, aujourd’hui, ce ne sont pas seulement des maisons qui ont été attaquées. C’est la dignité d’une population qui est mise à l’épreuve. Et derrière chaque victime, il y a une histoire, une famille, un avenir brisé.
« Nou pa dwe bay legen », rappelle la Coordination. Un message simple, mais puissant : malgré la peur, malgré la douleur, abandonner ne doit pas être une option.
Hyshney Saint-Julien
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