RANAMSAP : huit ans de combat, un avertissement aux autorités

À l’occasion de son huitième anniversaire, célébré le 22 août à Delmas 24, le Rasanbleman Nasyonal Madan Sara Peyizan yo (RANAMSAP) a transformé cette commémoration en une tribune pour défendre les intérêts des Madan Sara et des petits commerçants. Après huit années de mobilisation, l’organisation affirme vouloir poursuivre son combat malgré l’insécurité, les déplacements de population et les difficultés économiques qui frappent le secteur.
La cérémonie a également permis au RANAMSAP de présenter sa nouvelle structure pour le département de l’Ouest, baptisée « Bòd Lwès ». Ses responsables soutiennent que le mouvement reste actif dans les dix départements du pays et dans plusieurs sections communales. Ils estiment que cet anniversaire constitue surtout une occasion de rappeler le rôle essentiel des Madan Sara dans l’économie et dans la survie de nombreuses familles haïtiennes.
Le ton s’est toutefois durci lorsqu’il a été question des engagements du gouvernement. La présidente du Mouvman Nasyonal Madan Sara Peyizan yo, Melita Pierre, a interpellé le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et le ministre du Commerce James Monazard, leur demandant de concrétiser le protocole d’accord signé avec le secteur. Le RANAMSAP réclame notamment l’accès aux financements promis afin d’aider les commerçantes à faire face aux dépenses liées à la rentrée scolaire prévue le 7 septembre.
L’organisation brandit désormais la menace d’une mobilisation si aucune réponse concrète n’est apportée. Selon ses responsables, les Madan Sara jouent un rôle déterminant dans le financement de la scolarité de nombreux enfants. Elles préviennent donc que l’absence d’accompagnement pourrait conduire à une forme de protestation, avec un possible boycott de la rentrée scolaire. Le mouvement dénonce également les obstacles liés à l’insécurité, qui compliquent la circulation des commerçantes et l’approvisionnement des marchés.
Le RANAMSAP lie enfin ses revendications à la tenue des prochaines élections. Il estime qu’aucun scrutin ne peut être véritablement crédible, démocratique et inclusif sans la participation et la sécurité des femmes commerçantes. Après huit ans d’existence, l’organisation veut ainsi faire de son anniversaire un nouveau point de départ : poursuivre le dialogue, mais se tenir prête à mobiliser ses membres si les autorités ne répondent pas à ses demandes, aussi bien pour la rentrée scolaire que pour le processus électoral.
Hyshney Saint-Julien
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