Mario Andrésol à la Défense : l’échec promu au sommet

La nomination de Mario Andrésol comme ministre de la Défense n’est pas seulement discutable. Elle est choquante.
Comment expliquer qu’un responsable qui n’a produit aucun résultat tangible comme secrétaire d’État à la Sécurité publique se voie confier un portefeuille aussi stratégique ? Pendant son passage à la Sécurité publique, le pays n’a pas respiré. Les gangs n’ont pas reculé. Les quartiers n’ont pas été libérés. Les citoyens n’ont pas été protégés. L’État n’a pas repris le contrôle. Rien.
Et pourtant, au lieu de rendre des comptes, il est promu.
Ce choix envoie un message glaçant : en Haïti, l’échec n’est pas sanctionné, il est recyclé. On change de chaise, on change de titre, mais on ne change ni la méthode ni les résultats. La Défense devient ainsi le refuge d’une classe politique incapable d’assumer ses responsabilités.
Le ministère de la Défense n’est pas un décor institutionnel. C’est le cœur de la souveraineté nationale. C’est là que se pense la stratégie face aux menaces internes et externes.
Nommer à ce poste un homme dont le passage à la Sécurité publique n’a laissé aucune trace positive revient à banaliser la gravité de la crise.
La vérité est brutale : le pays s’enfonce pendant que les dirigeants se repositionnent. Les familles pleurent. Les déplacés s’entassent. Les entreprises ferment. Et au sommet, on récompense l’impuissance.
Mario Andrésol n’arrive pas à la Défense avec un capital de crédibilité. Il arrive avec un passif lourd. Il devra affronter une opinion publique lassée des promesses sans lendemain. Car désormais, chaque mot sera comparé aux actes absents du passé.
Cette nomination n’est pas un simple remaniement. Elle est le symptôme d’un système qui refuse de se remettre en question. Et tant que l’exigence de résultats ne primera pas sur les arrangements politiques, le pays continuera de payer le prix fort.
Hyshney Saint-Julien
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